Contributions 2023-08-08T14:09:39+02:00

Articles et contributions dans des ouvrages collectifs

[14] « Enjeux d’une philosophie de l’enfantement, de l’ontologie à l’éthique », dans Bénédicte Bouillot, Marie-Jeanne Coutagne et Clarisse Picard (dir.), Femmes et philosophie. Penser autrement ?, Paris, Éd. Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n° 648, Série « Études de philosophie », n° 17, 2024, p. 193-216. Pour commander la contribution.

 

Résumé de la contribution : Quel rapport peut-il y avoir entre la situation d’extrême tension des femmes dans l’enfantement et le silence de la philosophie sur le sens de cette expérience ? Pour surmonter cette crise de sens, une philosophie de l’enfantement, déployée de la question ontologique aux questions éthiques qu’elle mobilise, en montre les enjeux philosophiques et anthropologiques, mais aussi sociopolitiques et éthiques. In fine, en quoi cette philosophie ferait-elle apparaître un « penser autrement » en tant que mère ?

 

[13] « Introduction. Femmes et philosophie. Penser autrement ? », avec Bénédicte Bouillot et Marie-Jeanne Coutagne, dans B. Bouillot, M.-J. Coutagne et C. Picard (dir.), Femmes et philosophie. Penser autrement ?, Paris, Éd. Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n° 648, Série « Études de philosophie », n° 17, 2024, p. 7-17. Pour commander l’Introduction.

 

Résumé de l’introduction du volume : Que signifie aujourd’hui penser en tant que femme ? Les femmes pensent-elles autrement ? Des femmes philosophes ou écrivaines ont voulu aborder les questions auxquelles, en tant que femmes, elles sont confrontées et qui ouvrent à des problématiques parfois inédites. L’expression de l’intime, comme lieu de rencontre avec l’altérité, ouvre une réflexion sur des figures du féminin et des figures de femmes en philosophie, puis invite à porter attention aux voix de femmes, entre résistance, dissonance, émancipation et anarchie.

[12] « L’enfantement : âge de la vie ou mouvement originaire ? », dans Natalie Depraz et Marion Bernard (coord.), « Phénoménologie des âges de la vie », ALTER revue de phénoménologie, N° 32 / 2024, p. 75-95. Pour commander la revue à la Librairie Philosophique J. Vrin.

 

Premières lignes de la contribution : Du point de vue des sciences de la nature, il est habituel de considérer que l’âge de l’enfantement s’étend de la puberté à la ménopause. Le corps médical s’accorde cependant sur le fait qu’une grossesse précoce, avant l’âge de 15 ans, bien que pouvant être menée à terme, n’est pas sans risque pour une jeune fille, tandis que le législateur français a porté à 45 ans l’âge limite pour envisager une grossesse avec un traitement de procréation médicalement assistée. Ces approches physiologique, médicale et législative servent à normer la prévention et le soin des femmes relativement à la procréation. Cependant, ces principes normatifs définis selon les âges de la vie suffisent-ils à penser le sens de l’enfantement ? Permettent-ils de prendre la mesure des mutations anthropologiques radicales auxquelles nous serons bientôt confrontés ?

Le recours aux gamètes artificiels et à l’utérus artificiel pourrait faire de nous la première civilisation dont les enfants ne naîtront plus de la complémentarité procréative des deux sexes ni d’un corps humain de sexe féminin. Cette prospective hautement vraisemblable indique l’urgence d’une réflexion sur le sens universel de l’enfantement, qu’une approche selon la seule considération des âges de la vie ne suffit pas à éclairer. Quelle est la raison d’être de l’enfantement ? Quel sens cela a-t-il que tous les enfants, garçons et filles, naissent d’un corps humain féminin et en soient ainsi dépendants ? Y a-t-il une raison, une nécessité, une finalité à cela ou, au contraire, se passer du corps et de la subjectivité des femmes dans l’enfantement serait une liberté enfin acquise sur notre finitude ? …

[11]“Intersubjectivity and Otherness In the Experience of Childbirth: Psychoanalysis and Transcendental Phenomenology,” In: Andreas Gonçalves Lind, Ana Paula Pinto, Dominique Lambert (eds), The Process of Becoming Other in the Classical and Contemporary World, Palgrave Studies in Otherness and Communication, Cham, Palgrave Macmillan, 2024, p. 175-191. Pour commander le chapitre.

 

Abstract : The childbirth is an exemplary experience to revive and deepen our understanding of the process of becoming other. The phenomenological descriptions of childbirth indicate that if there is an intersubjectivity at work from the time of pregnancy, its nature is completely paradoxical, since the other in myself (ego), psychically invested by the mother, is not another self (alter ego), but a different self (the infans [lat. without speech]) that the pregnant woman once was, prior to the acquisition of language, receiving first aid and reassurance. These descriptions confirm the assertion of the Cartesian Meditations that “the other, first in itself (the first ‘not-me’), is the other me”. However, if this first object (the other me) invested by the mother is a condition of her maternal solicitude (Intropathy [germ. Einfühlung]), its paradoxical nature also indicates all the ambivalence of maternal passion.

Our contribution will set itself the task of describing the outcome of this passion, from the point of view of maternal subjectivity, in this space which is at the limit of the inside and the outside, of the intrapsychic and intersubjective, until the mother recognizes her child as a self-existing subject, differentiated from the one she once was. The experience of transformation of the maternal gaze transforms her herself profoundly to the point that she will be able to say at the end: I perceive myself as the same me who has become other in alterities which are alterations. The instinctual, passive, affective, and constitutive intentionality of maternal subjectivity will also be the occasion to initiate a real thought of transcendence of which the other/Other constitutes the impulse and the motive. In fact, intropathy is the basis of the internal ethical attitude, a condition for the possibility of a good enough relationship between the mother and her child, then within any present and future human community.

[10] « L’Église et le corps des femmes. Apport d’une anthropologie philosophique de la naissance à la réflexion théologique et ecclésiale », dans Odile Flichy, Clarisse Picard et Alain Thomasset (dir.), Hommes et femmes en Église : du nouveau ?, Éditions des Facultés Loyola Paris, 2024, p. 79-90. Pour commander le collectif.

 

Premières lignes de la contribution : Dans le prolongement de nos réflexions pour un renouveau des relations entre hommes et femmes en Église, je propose d’aborder la question sous l’angle des rapports, vécus comme problématiques, de l’Église au corps des femmes. Pour cela, considérons d’abord notre compréhension de l’Église comme corps pour ensuite penser son rapport au corps des femmes.

L’une des métaphores pour désigner l’Église, dans sa visée universelle et eschatologique, est celle de « Corps mystique du Christ ». Cette expression a pour intérêt de signifier une double réalité complexe « qu’il ne convient pas de séparer [à savoir] le Corps du Christ qu’est l’Eucharistie, et le corps du Christ qu’est l’Église – sans quoi on court le risque d’avoir une compréhension tronquée de l’Eucharistie, et de l’Église », précise Geneviève Comeau, dans « Corps du Christ eucharistique et ecclésial » (Cahiers Médiasèvres, no 198, p. 113), faisant mémoire des travaux d’Henri de Lubac et du renouveau lié à la redécouverte des Pères de l’Église, dans la deuxième moitié du xxe siècle. Cette redécouverte a notamment pour intérêt de mettre l’accent sur la dimension relationnelle du Corps du Christ eucharistique et ecclésial, ce qui nous invite, poursuit Geneviève Comeau, « à réfléchir aux liens qui nous unissent et nous font vivre en Église » (Ibid., p. 114)…

 

[9] « Introduction. Penser à nouveau les relations entre hommes et femmes en Église », dans Odile Flichy, Clarisse Picard et Alain Thomasset (dir.), Hommes et femmes en Église : du nouveau ?, Éditions des Facultés Loyola Paris, 2024, p. 9-22. Pour commander le collectif.

 

Premières lignes de l’introduction : S’atteler à la question d’un renouveau des relations entre hommes et femmes dans l’Église catholique contemporaine, c’est prendre au sérieux l’une des questions urgentes apparues ou réapparues à la faveur du Synode sur la synodalité, lancé par le pape François en octobre 2021. Dans cette dynamique ecclésiale, le présent ouvrage rassemble les contributions qui ont été présentées à la journée d’études « Hommes et femmes en Église : du nouveau ? », qui s’est tenue aux Facultés Loyola Paris (anciennement Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris), le 25 mai 2023. Ces contributions ont, pour la plupart, été élaborées dans le cadre du séminaire de recherche « Hommes et femmes en Église », rattaché au département de Théologie systématique des Facultés Loyola Paris. Ce séminaire s’est d’emblée voulu interdisciplinaire, au croisement de la théologie systématique, de l’ecclésiologie, du droit canonique et de l’anthropologie théologique et philosophique. Il a régulièrement rassemblé, depuis 2019, plus d’une vingtaine d’enseignants-chercheurs ordinaires et invités des Facultés Loyola Paris, sous la direction de Geneviève Comeau, xavière, et d’Alain Thomasset, jésuite…

 

[8] “Thinking Childbirth from an Emancipatory Perspective? Phenomenology and Psychoanalysis,” Journal of Analytical Psychology, 2023, Volume 68, Issue 5, 849–868. Pour commander l’article.

 

Abstract : Feminist thought, despite the importance of its work, has not resolved the phenomenon of women’s subordination in the care and education of children, and in society as a whole. Meanwhile, we are witnessing a gradual but continuous process of disconnection between women’s bodies and subjectivity, and the conception, pregnancy and birth of children, due to developments in reproductive techniques. Considering this paradoxical tension, the author proposes to return to the very place where this subordination and anticipated rupture occur, to consider whether mothers could find there both the means to reclaim their childbirth experiences and potential levers for emancipation and rebirth, on both a personal and societal level. To this end, she describes, from the point of view of a singular woman, and from an emancipatory perspective, the phenomenological and psychoanalytical itinerary of childbirth by which this woman, in becoming a mother, is born to herself by giving birth to her child. By co-constituting the universal meaning of childbirth and becoming a philosophical mother, this singular woman operates a real paradigm shift in our representations of the mother and the metaphysical structure of the sexes. 

[7] « L’enfantement, un problème non théologique ? », Transversalités. Revue de l’Institut catholique de Paris, 2023/3 (n° 166), p. 181-195. Pour commander l’article.

 

Résumé : À l’heure où les techniques reproductives sont sur le point de remplacer le corps et la subjectivité des femmes dans l’enfantement, il vaut la peine de s’interroger sur les enjeux anthropologiques, mais aussi téléologiques et théologiques de l’enfantement : en quoi l’enfantement, défini comme l’expérience d’incarnation de soi, d’une mère et de son enfant, serait-il un problème théologique ? La présente réflexion se propose de déployer cette question dans l’horizon du problème du rapport entre incarnation phénoménologique et Incarnation théologique, en empruntant le chemin d’une phénoménologie de l’enfantement, selon « la voie de la monadologie », l’une des voies par lesquelles la phénoménologie husserlienne tâche d’« atteindre Dieu sans Dieu ». Au terme de l’itinéraire, un sujet singulier devenant mère fait apparaître la source originaire constituante, le mouvement et le sens constitué de l’expérience phénoménologique de l’enfantement, ainsi que son rapport à l’idée de Dieu chez Husserl.

[6] « Penser l’enfantement dans une perspective émancipatrice ? Phénoménologie et psychanalyse », Cahiers jungiens de psychanalyse, 2023/1 (n° 157), p. 109-126. Pour commander l’article.

 

Résumé : Les pensées féministes, malgré l’importance de leurs travaux, ne sont pas venues à bout du phénomène de la subordination des femmes dans les tâches de soin et d’éducation des enfants, et dans l’ensemble de la société. Dans le même temps, nous assistons à un processus progressif mais continu de rupture entre le corps et la subjectivité des femmes, et la conception, la grossesse et la naissance des enfants, en raison des développements des techniques reproductives. Considérant cette tension paradoxale, l’autrice propose de revenir à l’endroit même où s’exercent cette subordination en même temps que cette rupture annoncée afin de considérer si les femmes mères ne pourraient pas y trouver, à la fois, des moyens de se réapproprier leurs enfantements et des leviers potentiels d’émancipation et de renaissance, sur le plan personnel comme sociétal. À cette fin, elle décrit, du point de vue d’une femme singulière, et dans une perspective émancipatrice, l’itinéraire phénoménologique et psychanalytique de l’enfantement par lequel cette femme devenant mère naît à soi-même en donnant naissance à son enfant. En co-constituant le sens universel de l’enfantement et son devenir mère philosophe, cette femme singulière opère un véritable changement de paradigme de nos représentations de la mère et de la structure métaphysique des sexes.

[5] « L’assujettissement des femmes en raison de leur potentialité maternelle, dans la société et dans l’Église, et leviers d’émancipation », dans Anne Guillard et Lucie Sharkey (dir.), Dieu.e – Christianisme, sexualité et féminisme, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, 2023, p. 221-239. Pour commander le collectif / Pour commander le chapitre.

 

Premières lignes de la contribution : Les contributions rassemblées dans cet ouvrage collectif ont pour ambition de participer à une meilleure connaissance de la question de la condition sexuée – et des logiques de subordination qui la structurent – au sein des Églises chrétiennes. Poursuivant cet objectif, je propose d’interroger plus spécifiquement la question du point de vue de la situation des femmes, dans les sphères de la vie intime, privée-sociale, publique-politique et, a fortiori, religieuse. À ce propos, il est étonnant de remarquer que, depuis toujours, la maternité est valorisée, voire idéalisée, alors même que, dans l’expérience quotidienne comme dans l’ensemble de notre société, « les femmes-mères » sont « ce sous-sol muet de l’ordre social », selon la très parlante expression de Luce Irigaray (1981). Ce paradoxe, propre à la condition sexuée des femmes, a notamment été mis en lumière par les féministes des années 1960-1970, pour qui les discriminations subies par les femmes sont enracinées dans la maternité et dans l’interprétation symbolique qui en est faite. Cependant, malgré l’importance de leurs travaux et les évolutions sociétales majeures, qu’ils ont permises et accompagnées en faveur de l’émancipation des femmes, il faut aussi reconnaître que les différents courants féministes ne sont pas encore venus à bout du phénomène de la domination masculine. Cette situation des femmes n’exige-t-elle pas, plus que jamais, de revenir à l’endroit même où se noue ce paradoxe, afin de mieux en comprendre les ressorts et de chercher des leviers d’émancipation ? …

[4] « Incarnation et individuation à l’épreuve de l’enfantement », dans Clarisse Picard (dir.), Incarnation, question ancienne, enjeux actuels. Approches philosophiques et théologiques, préface d’Emmanuel Falque, Paris, Éd. Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n°520, 2021, p. 139-161. Pour commander la contribution.

 

Résumé de la contribution : En quoi l’enfantement prend-il, pour une femme qui donne naissance à un enfant, le sens d’une expérience d’individuation et d’incarnation ? Les descriptions cliniques en pédiatrie et médecine périnatale, ressaisies dans une appréhension de la vie transcendantale pure du point de vue de la subjectivité maternelle en sa genèse, font apparaître une suite de correspondances entre la phénoménologie et l’enfantement : l’enfantement accède ainsi à la rationalité philosophique et trouve son sens proprement phénoménologique.

 

[3] « Introduction. L’incarnation : question ancienne, enjeux actuels », dans Clarisse Picard (dir.), Incarnation, question ancienne, enjeux actuels. Approches philosophiques et théologiques, préface d’Emmanuel Falque, Paris, Éd. Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n°520, 2021, p. 13-19. Pour commander l’introduction.

 

Résumé de l’introduction du volume : L’introduction rappelle l’intuition initiale qui a présidé à l’organisation du colloque « Incarnation », ainsi qu’à ce présent volume qui en reprend l’esprit dans une optique interdisciplinaire. L’incarnation, une question ancienne reprise à la lumière des enjeux actuels : chaque texte est ici présenté dans cette dynamique d’ensemble, suivant quatre axes, successivement, phénoménologique et sémiotique, éthique, anthropologie, enfin, théologique.

[2] « L’incarnation phénoménologique. Chair et corps selon Husserl », dans Clarisse Picard, Geneviève Comeau, Claire-Anne Baudin et Jan Koenot  (dir.), Prendre corps, faire corps, livrer son corps. La Bonne Nouvelle du « Corps du Christ » aujourd’hui, Paris, Éd. Facultés jésuites de Paris, « Les cahiers Médiasèvres », n°198, 2019, pp. 131-157. Pour commander le livre.

[1] « Penser l’enfantement. Dans la perspective de la GPA et de l’utérus artificiel » (2de publication), dans L’assistance médicale à la procréation, Revue Études, coll. « Les Essentiels », septembre 2018, pp. 53-72. Pour commander le collectif.

 

Résumé : L’enfantement comprend plusieurs dimensions que le développement des technosciences de la procréation tend à séparer. C’est pourquoi une réflexion philosophique s’impose pour comprendre ce que cela signifie donner naissance à un enfant et naître à soi-même. Ce qui interroge la place et le rôle du féminin, de la femme et de la mère dans le processus de la mise au monde des enfants.